Masquerade - The phantom of the opera

Masquerade - The phantom of the opera
Un peu de solennité... J'ai écrit la première version de ce texte au printemps 2005, dans les crépuscules roses et les parfums de fleurs. Aujourd'hui, je publie la version restaurée (un mois de réécriture, bordel !), la tête dans les nuits indigos et les arbres enrobés de givre. La différence d'ambiance est intéressante. Voilà ! Et les apostrophes à tout va, c'est pour indiquer que le « e » caduc ne se prononce pas.

Je vous souhaite une bien meilleure année que la précédente !



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Une Valse.


................Je suis belle et pimpante en ma dentelle blanche', comme une jeune fleur dans sa robe en rosée, une rose opaline agrafée au corset sous la vanité franche' de mon oeil plein de feu. J'ai le parfum des anges' et du souffle nocturne auquel on ne résiste. Une fille à vingt ans aux formes pleines' et lisses. Les freluquets rosissent' quand je flâne près d'eux. Je les ignore', c'est tout, ils sont mièvres et creux.
................Tout rayonne et reluit dans cette salle ambrée des feux des chandeliers qui flottent dans l'air bleu. Tout est vins et meringues', et arômes en volute', rêves de sucre et d'or sur nappe dispendieuse. Les robes somptueuses tournent, se déploient, froufroutent' et puis scintillent' en un rythme ternaire. Les sourires des filles' inondent de lumière' leurs visages limpides. C'est leur première valse au bras d'un inconnu. Elles sont heureuses' ainsi sans malices, candides. Je ne les plaindrai pas, c'est ainsi qu'on éduque'. Moi, je rêve autre chose' que ces plaisirs caducs... Les parents les observent', ou bouffis ou trop secs, enchaînant médisances' et fausses sympathies.
................J'ai un ennui mortel d'être venue ici...
................Le morceau se finit et les danseurs s'en vont, et une apparition me fait lâcher mon verre' qui s'éclate en tessons, petit cri de cristal. Mais la fièvre d'alcool les commères sert mal. C'est une ombre encapée de velours que je vois, du velours fin et noir retombant raide au sol. Une tête surmonte la nuque élégante, une tête coiffée de cheveux de soie sombres qui luisent à peine à la flamme tremblante. C'est un homme de dos, long et fort je l'estime', face aux larges carreaux qu'enténèbre le soir, le corps droit et sublime voilé d'un manteau qui ruisselle le long en reflets gris miroir.
................Une énième valse débute à nouveau et niais et insensées s'en retournent' à la danse, mur humain de malheur me cachant à ce prince. Et maint'nant, et j'en ignore encore cause fondement, mon ventre s'est gonflé d'un mystérieux élan. Sur la table à banquet mes jolis doigts se crispent' et dans mon fin corsage', mon sein bat du sang que mon c½ur fou fait aller, douloureux, délicieux à geindre et à pâmer. Les bien jolis minois des jeunes filles' en fleurs qui dansent' et rient de joie tourbillonnent, tournoient... Qu'y a-t-il de plus bête' que de se mettre en tête' d'encager le grand loup qui rôde dans la fête ?
................Et pourtant, je me jette dans ce tour courtois, et dans les bruissements des robes diamantines mes yeux cherchent l'homme. Je n'ai peur du tournis et je n'ai peur du roi !
................Les jeunes messieurs ont la prunelle vive à tenir dans leurs bras de si belles convives. Ils valsent, diablotins en jupes de taff'tas et gilets damassés sur les carreaux de marbre où glissent sans grincer la chanson de leurs pas, dans les hauteurs gelées des plafonds bleu d'aurore' glacés de blanc frimas, d'angelots maniérés, et de plus en plus fort et plus encore' pressé. Et j'ai peine à traverser cette danse à fous. Puis se sont mes genoux qui se plient tout d'un coup et je ne sais plus trop où je suis dans la salle. Mes deux yeux se troublent' et mon sang qui cavale' heurte mes bras, mes jambes de flammes' infernales. Mais quelque chose de doux à mourir m'empêche de déchoir sur le dallage froid. Du velours noir de nuit, chaud et si délicat ; une suave fragrance' d'ambre gris.
................Je tire d'un trait ma tête de l'oubli mais ne relâche pas l'adorable tissu cousu de coton d'ombre et de caresse aussi. Ma joue qui y était tout contre assujettie est en braises', en douleur adoucie. Je ne suis pas debout, mes jambes sont ployées et mon dos est courbure. La lumière du lustre contre les dorures' empêche pour l'instant que je vois où je suis ; et en face de qui ? Oui, c'est l'ange' qu'il y a un instant j'aperçus.
................Confuse et ridicule', je me hâte bien vite de me redresser. Et, audace, ô audace ! je risque un coup d'½il vers cet absolue de charme et d'abscondité. Ma poitrine vacille. Tout d'abord, il y a ces traits droits de statue fin comme ceux des filles, un soupçon agressifs, et au mordant de trille', qui prendrait de l'émoi même au corps ingénu. Puis il y a la marque', cette marque de griffe au galbe de la lèvre', dans la ligne du nez. Une plaie de naissance, une lame d'épée sur un drap de soie albe, en tranchant la constance. Les sourcils épais, nets, ombragent le regard. Par dessous ses paupières' brun de miel et de fard, embrassés d'ombre et de deux franges de cils noirs, étincellent deux yeux dont la couleur m'échappe, aussi froids que cuisants, folle absinthe ou bleu mer, ou bleu des temps d'hiver mêlé de vert d'été, où passent tour à tour ténèbres puis clarté, parfois voilés de gris. Il est parfait ou pis... Mais je n'ose' regarder.
................Et la valse dure', dure... Ma poitrine s'écrase au fur et à mesure' que mon calme s'effrite. Et j'ai grand honte aussi d'avoir ainsi agi. Mais curieuse je suis... Je lui jette un regard aussi bref que troublé. Et dès qu'il le reçoit, fait la plus alerte révérence qui soit, leste et large d'abord qui après s'alanguit, laissant mourir son geste dans l'immensité du bal aux voluptés qui rougeoient de bougies. J'y réponds, et bien bas, mais en tenant sur lui des yeux mal assurés. Puis, jetant derrière' lui les deux pants veloutés de sa cape de vent, il montre le bras droit et au bout, dans sa main pâle et nue, une rose de sang. Vers le ciel il la tend et, silhouette drapée de sombreur et douceur, semble mieux s'élancer dans l'air doré du soir. Les reflets des clinquants du lustre en ostensoir font jaillir la couleur du bijou végétal. La lumière qui sourd des pétales' a une teinte approchant, s'égare sur mon c½ur, empourpre la dentelle', ma rose virginale' comme un bourgeon de langes. Et au sein de la fleur, luit un éclat étrange. C'est un ange ou un diable ou bien je ne sais quoi qui fait brasiller loin les fastes de la fange...
................Il m'offre cette rose dont la lueur s'est tu mais dont le manteau dru aux ovales grenat tient toujours encagées les fées de celle-là. J'en attrape la tige du bout de doigts et en hume le centre encore' chaud de magie. Il m'observe qui sent et ressent son prodige et j'ai la vague idée que ce faisant il rit ; oui, mais discrètement. Cette fleur a l'odeur de l'amour au vertige', peut être de la l'alcool. Et le brasier me prend. Je l'attache à mon col, à côté de la blanche et lui livre mes hanches' libres de mes bras ronds grand ouverts et tendus en une invitation. Un sourire secret vient puis meurt sur sa bouche le temps qu'il s'approche et me touche le flanc du creux de la main gauche. J'attrape mes jupons et lui donne la mienne. Il l'enferme en sa paume odieusement amène...
................Et la valse perdure... Il entame le tour. Et bientôt nous tournons tels les couples' alentour. J'entraperçois toujours ces figures liliales' qui radient de plaisir à travers le noir bal, et bien plus que les verres' à gravures coquettes, ou les larmes des mères d'argent en pépite. Ces joues creuses' ou replètes, aux roseurs et aux joies moins prudes qu'on ne croit, qui pirouettent, blanc d'oie et amants émérites', et plus vite, plus vite et un peu plus grivois, bien plus vite, plus vite encore s'enhardissent ! Je ne sens plus mes cuisses', ou juste la brûlure' découlant de mon foie, mais tout n'est que délice. Et les violons gémissent', et la pudeur décroît...
................Et vous êtes divin, vous qui griffez mon flanc et qui tenez ma main, quand bien même je crains vos yeux aux teints changeant... Vous regardez au loin, loin au-dessus des têtes', par la grande fenêtre, à travers les jardins, loin au-delà peut-être... Abscons comme vous l'êtes... Et d'un attrait certain. Maquillée de lenteur, la passion d'une bête' de vos manières' affleure, et pas à pas m'atteint. Et mes brûlures' au c½ur montent à mes pommettes', leur donne la couleur des baisers purpurins. Faîtes entrer les commettes', et les plaisirs pécheurs, soupirs des séraphins ! Que les âmes chavirent !
................Les fleurs contre mon sein exhalent une odeur, un parfum liquoreux, insolent de douceur, qui en mon nez palpite. Cet effluve insolite va par mon gosier, y fait prendre un brasier qu'en moi la vie repousse. Je me penche et je tousse. Il me rattrape, enserre, enveloppe mon corps dans son habit de soir. C'est chaud comme un dessert, ce creux doublé de moire, et cela me transporte. Mes deux jambes sont mortes à force de fous feux. Aussi, je l'étreints mieux pour ne point choir encore, et l'agrippant plus fort, j'écrase les deux roses entre nos deux poitrines jointes' en une pose, une pose assassine. Et le sang des pétales, soit rouges, soit blancs, perle sur les rubans de ma robe enfantine.
.................Il me semble à présent que les autres danseurs et que tout, tables, rangs de banquettes pelées, jusques au clou d'argent se sont escamotés. Pour moi, tout se confond. Les formes, les odeurs, les odeurs et les sons, se mêlent' en tourbillon diapré d'or et d'horreur mais de jouissance aussi, tout enrobé de nuit où les peaux qui s'effleurent' sont d'abord rose peur puis virent rouge envie. Il ne demeure plus que le lustre pendu au plafond estompé où volent anges gras et nuages filés. Tandis que mon visage est brisés contre lui, que mon sein qui se perd traverse son habit, que mes ongles se plantent dans son dos charmant, il me semble, ô archanges', que je vole un petit. Et je vole vraiment.
................Ma large jupe aux pans faits de tulle et de perles autour de moi s'étend, se répand face au ciel en panache de plumes, d'étoiles en corolle. Loin au-dessus du sol, du moins je le présume, il relâche l'étreinte, et comme je m'éloigne, il m'empoigne les bras, il m'empoigne la crainte, l'achève et consume ce qui restait de ma première méfiance. Et notre duo vole entre le ciel en brume et le sol blanc faïence, corbeau et colombe folâtrant en silence.
................J'ai un plaisir immense avec un désir fou.
................Et alors, tout à coup, il s'approche, se baisse et m'attrape les cuisses, sous ma robe épaisse. Et puis il me soulève et contre lui me presse, et soudain je sens mieux à quel point ce furieux, ce petit de diablesse brûlant sous mes mains est bien loin du commun, du commun des mortels. J'enserre son bassin de mes jambes de belle, les jupons troussés sur mes hanches légères. Et c'est bien tout entière, âme et corps, corps et bien, qu'il me prend, qu'il me tient, à raison ou à tort.
................Et nous tournons encore. Et j'ai son front au mien appuyé, nez à nez, tête à tête, et haleine, et cils entremêlés. Et je sens tout de cette alliance inopinée : sa paume caressante et battante de chaud qui tantôt me cajole tantôt me fait mal, et sa joue blanc de voile de fille mariée, et son ventre puissant mais tendre également, et son parfum de goût, doux mais fort, fort ou doux ? Je l'ignore, et c'est mieux. Et je ferme les yeux pour me griser de ce, tout ce qui le fait lui, mais aussi pour contrer la douleur que je porte et qui me mortifie. J'en fais fi, et ainsi, demi-morte, je glisse cinq doigts souffreteux dans ses cheveux réglisse. Et d'un coup, je m'affaisse. Il me baise une main puis m'étreint tout à fait. Pourquoi ? Je ne saurai...
................Puis mon esprit se tait et mon regard s'éteint. Je ne sens que les tours qui ballottent ma tête. Il me serre un peu plus. Je crois que l'on descend. Je perçois le sol dur contre mon petit pied, contre ma longue jambe, et mon flanc, mon épaule, et ma joue en sanguine. Et plus rien. J'expire et m'évanouis, simplement, sans un bruit...

................Je me réveille enfin couchée sur les dallages', dans la salle de bal à la crédence nue. Les lustres importants ne brillent plus, ils dorment. Il doit être bien tard... Ne pouvant pas dormir, j'ai dû descendre un temps, rêvasser un petit... Et j'ai dû m'assoupir une heure ou deux ici...
................L'air est un brin frisquet mais l'endroit est plaisant. Tout nous apparaît bleu sous la lune arrondie. Aux hautes baies vitrées dansent quelques arbustes qui jettent leurs ombres aux lambris tristes' et beaux, sorcières de bourgeons, squelettes végétaux. J'ai une jolie faim...
................Et je souris au ciel, j'ai la rose pourprée enclose dans mon poing.




Image : Foxfires

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# Posté le samedi 12 janvier 2008 09:20
Modifié le samedi 12 janvier 2008 09:51

Becomming Jane.

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Je ne dirai pas que c'est le meilleur film du mois, mais que j'ai tout de même sérieusement chialé au générique.

D'ailleurs, il se pourrait que je sois malencontreusement tombée amoureuse de Mr Lefroy. Et je ne peux penser à rien d'autre, pour le moment.

Aaaah...

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# Posté le mercredi 24 octobre 2007 15:04

Clip : Gimme More - Britney Spears

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Pour l'instant, j'ai la paix. J'aime bien ma vie. Tellement que je m'offre des cadeaux pour me remercier de l'avoir, la paix. Comme ça, je me suis payé Splinter des Sneaker Pimps sur iTunes. Ca me transporte. Smuf, jusqu'à la garde.

Je réécris le début de Smuf, au passage.

Je pars à Warszawa pour les soixante ans de mon père. C'est symbolique.

On me donne de voir, de sentir les choses, de pousser certaines portes, d'assouvir mes petites ambitions. C'est étrangement doux de se savoir et de se sentir assisté. Woaw, si tu savais... Si tu savais ce qui me pousse à recevoir la confirmation, tu me traiterais de naïve. Mais j'emmerde la déchristianisation, la science, les matérialistes et les rationnels – et je te défends de me prendre pour une illuminée transitoire ou pour une novice candide, parce que, sur ce point-là, tu ne sais rien de moi. Voilà. Je crois. Full stop. Et mon existence s'en magnifie.

Et si j'ai mis Gimme More, c'est parce que je voulais devancer Fran, et que j'aime bien. Pas toi ?
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# Posté le mardi 09 octobre 2007 15:47
Modifié le mardi 09 octobre 2007 15:58

Samedi matin, parc de Rambouillet. Feuilles mortes. Seule. Promenade.

Samedi matin, parc de Rambouillet. Feuilles mortes. Seule. Promenade.
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.....................J'avais voulu voir le marché grouillant, charmant, de fin d'été sur la place pavée qu'éclairait un soleil voilé, timoré. Puis de la foule vive et criarde, j'ai eu envie d'aller hanter le calme inquiétant du vieux parc qui grince derrière son entrée.
.....................C'était le temps où les feuilles tombent mais ne tombent pas comme le plomb terne. C'était l'inverse. Dans le bosquet d'automne aigri, elles glissaient sur l'air gris du temps, des nuages obscurcis de pluie, voletant de la cyme au vent, du vent au vent, à l'herbe en lit. J'aurais dit des larmes blondies, des morceaux or de mémoire qui se semaient dans la brise pâlie, fleurait l'épine et le sol pris d'eau de ciel et d'odeur d'oubli. Dans cette avenue de poussière où s'alignaient des arbres verts, jaunes parfois, qui se lançaient droit vers le toit neigeux de nue qui menaçait de se laisser pleuvoir son gris, je promenais mon souffle coi. Tandis que les hautes branchures lâchaient leurs filles teinte jonquille, bien rangée en serrée charmille qui se penchait du ciel sur moi, et que le canal vert stagnant qui bordait mon allée de terre, recueillait ces grands pétales morts, doux, amollis, sentant plus beau et bien plus fort que la fleur mièvre, juste jolie, j'avançais en sentant mon châle flotter dans la sombreur de l'air. Dans ce silence de lumière triste, seules bruissait ces feuilles tombantes en haut de leur futaie vibrante ou roulant sur le chemin bistre. Et dans cette bruine de pleures aux senteurs de déclin gracile, par delà le canal figé par les feuilles chues, sur la fausse île, entre les platanes rougissants qui sursautent au passage du vent, se soufflant des histoires de bois en trempant leurs rameaux dans l'eau couleur de mousse, couleur de pois, j'ai cru voir fuir, tâché du sang brun, roux de bouche ou jaune rire de la saison des souvenirs qui choient, l'été. L'été, je crois.


photo : mjagiellicz

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# Posté le mardi 09 octobre 2007 14:12
Modifié le mardi 09 octobre 2007 14:33

Le Chat. Mon chat, Vlad, chartreux, trop gros.

Le Chat. Mon chat, Vlad, chartreux, trop gros.
"T'as le cul entre deux chaises." C'est la phrase que je me dis sans arrêt, présentement. Parce que, ouais, j'ai la tête entre deux dimensions qui, si elles cohabitent bien dans cette même tête, ne peuvent pas fonctionner simultanément. Ou alors, c'est que j'ai le cul entre deux chaises.
J'ai deux polarités d'influence : une électro (centre commerciaux, Smuf, IAMX, Le 5ème élément, Ealing Broadway... Tout ce qui sent le plastique) et une autre qui n'a pas de nom tellement qu'elle est vaste, cette polarité-là. Ici, ce sera la polarité historique, qui coure du Moyen Age à fin XIXe, qui a l'odeur de l'humus ou de la pierre d'église. Ca, c'est dans tous mes poèmes de l'an passé, et même d'avant, et dans plein de trucs impubliés.
Là, je suis furieusement électro, et ça se voit sur moi - dans mon ipod, aussi. Mais, j'ai quand même trouvé le moyen de me remettre en mode historique pour écrire ce qui suit. Ca faisait longtemps que j'en avais envie. D'où le "T'as le cul entre deux chaises."
C'est en bossant sur Les Chats de Baudelaire que j'ai fini par sauté dedans.

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Le Chat, Emily J.

Le chat dodu qui erre
De ma chambre en cuisine,
Du placard à sorcières
A la braise sanguine,

A le velours d'un loup,
D'un gros loup gris souris
Qui a son poil dru tout
Pâle d'un voile en pluie,

Dont le sombre pelage,
De lisière en sous-bois,
A le teint de l'orage
Embrumé d'une nappe

D'une très frêle nappe
De neige en bas nuage,
De neige en bas nuage
Dans le sous-bois trop froid.

Ce chat gras qui se couche,
Pelotte couleur plomb
Moirée d'argent en touche,
Dans les fauteuils profonds,

A, qui percent le noir
De dessous table et lit,
Pleins de troublant bizarre,
Les yeux or de la nuit.

Les yeux or d'un hibou,
Les yeux ambre d'un loup,
Les yeux jaune papier
De vieux livre oublié

Au pied d'un arbre creux,
Les yeux pleins des points blancs
Des astres grelottants,
De la nuit prune et bleue,

Les yeux cerclés de noir
Aux lueurs de foux feux,
De la nuit prune et bleu
A se lire des histoires.

Mon chat bleu gris de ciel, à la robe de panne
Plus douce que le fiel, aux reflets de lune âpre,
A la prunelle dure, et méfiante, et hautaine,
Des fillettes aux mûres, dans leurs fourrés sans vêpres,
Qui vont seules, farouches, en nos contes profanes.


Photo de eklypse
# Posté le jeudi 20 septembre 2007 15:29
Modifié le samedi 29 septembre 2007 11:18